Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/271

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Tous m’ont dit : — Fils d’Œagre, aux paroles de miel,
De qui la lyre enchante et la terre et le ciel,
Va ! sois de nos désirs le puissant interprète ;
Que le sage Centaure à te suivre s’apprête.
Puisque des Myniens les héros assemblés
Au delà des flots noirs par l’orage troublés,
Las d’un lâche repos et d’une vie obscure,
Vont chercher la toison du bélier de Mercure.
Rappelle-lui Phryxos avec la blonde Hellé,
Rejetons d’Athamas, que conçut Néphélé,
Alors qu’abandonnant les rives d’Orkhomène,
Ils fuyaient vers Ea leur marâtre inhumaine.
Et le bélier divin les portait sur les mers.
La jeune Hellé tomba dans les gouffres amers ;
Et Phryxos, pour calmer son ombre fraternelle,
Immola dans Kolkhos ce nageur infidèle.