Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/275

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Il me faut retourner vers la mer mugissante.

— Les dieux, dit le Centaure, ont habité parfois
Les bruyantes cités, et les monts et les bois,
Alors que de l’Olympe abandonnant l’enceinte,
Ils dérobaient l’éclat de leur majesté sainte ;
Ainsi, roi de la Thrace, à tes augustes traits,
Je me souviens du Dieu qui lance au loin les traits ;
Tel, exilé des cieux, pasteur de Thessalie,
Je le vis s’avancer dans la plaine embellie.
Son port majestueux, ses chants le trahissaient,
Et les nymphes des bois sur ses pas s’empressaient.
Ta parole, mon hôte, est douce à mon oreille ;
Nulle voix à la tienne ici-bas n’est pareille ;
Mais, comme un roi puissant à des enfants épars,
Dispense ses trésors en d’équitables parts,