Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/279

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Admirent en secret cet enfant glorieux,
Le plus beau des mortels issus du sang des dieux.
Déjà sa haute taille avec grâce s’élance
Comme un pin des forêts que la brise balance ;
Une flamme jaillit de son oeil courageux ;
Et, soit qu’il s’abandonne aux héroïques jeux,
Soit qu’il fasse vibrer entre ses mains fécondes
La lyre aux chants divins, mélodieuses ondes ;
Comme un nuage d’or, diaphane et mouvant,
À voir ses longs cheveux flotter au libre vent,
Et sur son col d’ivoire errer pleins de mollesse ;
À voir ses reins brillants de force et de souplesse,
Son bras blanc et nerveux au geste souverain
Qui soutient sans ployer un bouclier d’airain,
Les deux sages déjà, devançant les années,
Déroulent dans leurs cœurs ses grandes destinées.