Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/284

From Wikisource
Jump to navigation Jump to search
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


De leur rapide essor rival impétueux,
L’orage de mon cœur au cours tumultueux
Mieux qu’elles, dans l’espace et l’ardente durée
Entraînait au hasard ma force inaltérée !
Et pourtant, comme au sein des insondables mers,
Tandis que le Notos émeut les flots amers,
L’empire de Nérée, à nos yeux invisible,
Ignore la tourmente et demeure impassible ;
Dans l’abîme inconnu de mon cœur troublé, tel
J’étais calme, sachant que j’étais immortel !

Ô jours de ma jeunesse, ô saint délire, ô force !
Ô chênes dont mes mains brisaient la rude écorce,
Lions que j’étouffais contre mon sein puissant
Monts témoins de ma gloire et rougis de mon sang !
Jamais, jamais mes pieds, fatigués de l’espace,