Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/286

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Les luttes des héros et la gloire des sages,
Et le déroulement fatidique des âges.
Dis-moi les dieux armés contre les fils du ciel,
Asseyant dans l’Olympe un empire éternel,
Et les vaincus tombant sous les monts qui s’écroulent,
Et Zeus précipitant ses triples feux qui roulent,
Et la Terre, attentive à ces combats géants,
Engloutissant les morts dans ses gouffres béants.

— La sagesse est en toi, fils d’une noble Muse !
Tu dis vrai, car Saturne à nos vœux se refuse ;
Implacable, et toujours avide de son sang,
Il m’emporte-moi-même en son vol incessant,
Et les larmes jamais, dans sa fuite éternelle,
N’ont fléchi ce dieu sourd qui nous fauche de l’aile.
Tu sais, tu sais déjà, fils d’Œagre, — tes yeux