Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/297

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Mugissent dans la flamme et palpitent percés ;
Comme au vent orageux volent les feuilles sèches,
Les airs sont obscurcis d’un nuage de flèches...
Superbe et furieux, l’étalon hennissant
Traîne les chars d’airain dans un fleuve de sang ;
Et la clameur féroce, aux lèvres écumantes,
Les suprêmes soupirs, les poitrines fumantes,
Les têtes bondissant loin du tronc palpitant,
Le brave, aimé des dieux, qui tombe en combattant,
Le lâche qui s’enfuit, la vieillesse, l’enfance,
Et la vierge au corps blanc qu’un fer cruel offense,
Tout ! cris, soupirs, courage, ardeur, efforts virils,
Tout proclame l’instant des suprêmes périls,
L’heure sombre où l’Érèbe en ses parois profondes,
Engloutit par essaims les races moribondes,
Jusqu’au jour éternel où leurs restes épars