Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/318

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Un chant majestueux, large comme le ciel,
Enveloppe la lyre entre tes bras vibrante ;
Et l’oreille, attachée à cette âme mourante,
Poursuit dans un écho décroissant et perdu
Le chant qui n’étant plus est toujours entendu.
Achille écoute encore, et la lyre est muette !
Altéré d’harmonie, il incline la tête.
Sous l’or de ses cheveux, d’une noble rougeur
L’enthousiasme saint brûle son front songeur ;
Une ardente pensée en son cœur étouffée
L’oppresse de sanglots ! Mais il contemple Orphée,
Et dans un cri sublime, il tend ses bras joyeux
Vers cette face auguste et ces splendides yeux
Où du céleste éclair que ravit Prométhée
Jaillit, impérissable, une flamme restée ;
Comme si le destin eût voulu confier