Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/368

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Des Kinnaras sacrés, des femmes aux beaux yeux,
Et des flots de lumière enveloppent le monde.
Le vain bonheur des sens s’écoule comme l’onde ;
Les voluptés d’hier reposent dans l’oubli ;
Rien qui dans le néant ne roule enseveli ;
Rien qui puisse apaiser ta soif inexorable,
Ô passion avide, ô doute insatiable,
Si ce n’est le plus doux et le plus beau des dieux.
Sans lui tout me consume et tout m’est odieux.
Sous les figuiers divins, le lotus à cent feuilles,
Bienheureux Bhagavat, si jamais tu m’accueilles,
Puissé-je, ô Bhagavat, chassant le doute amer,
M’ensevelir en toi comme on plonge à la mer.

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Ainsi dans les roseaux se lamentaient les sages.