Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/39

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Le carquois sur l’épaule et les flèches en mains,
De la chaste Déesse intrépide compagne,
À franchir d’un pied sûr la plaine et la montagne.
Fière de mon courage, oubliant ma beauté,
Je veux qu’un linge jaloux garde ma nudité,
Et que ma flèche aiguë, au milieu des molosses,
Perce les grands lions et les biches véloces.
Ô jeune Phocéen au beau corps indolent,
Qui d’un frêle rameau charges ton bras tremblant,
Et n’as aiguillonné de cette arme timide
Que tes bœufs assoupis, épars dans l’herbe humide ;
Oses-tu bien aimer la compagne des Dieux,
Qui, dédaignant Éros et son temple odieux,
Dans les vertes forêts de la haute Ortygie
Déjà d’un noble sang a vu sa main rougie ?