Lorsque par les chevaux de flamme à l’Orient
Cent portes sont ouvertes,
Et que, plein de chansons, je m’éveille en riant,
Il met ses manches vertes.
Tandis que pour chanter les Chloris je choisis
Ma cithare ou mon fifre,
Lui, forçat du travail, privé de tous lazzis,
Il met chiffre sur chiffre.
Il fait le compte, ô ciel ! de ses deux milliards,
Cette somme en démence,
Et, si le malheureux s’est trompé de deux liards,
Il faut qu’il recommence !
Ô Monselet ! tandis que bravant l’Achéron,
Chez Bignon tu t’empiffres,
Le caissier de Rothschild dit : « Monsieur le baron !
Il faut faire des chiffres. »
Oh ! que Rothschild est pauvre ! Il n’a pas vu Lagny ;
Il n’a jamais de joie.
Le riche est ce poète appelé Glatigny,
Le riche c’est Montjoye.
Ô Muse ! que Rothschild est pauvre ! Aux bois, l’été,
Jamais le soleil jaune
Ne l’a vu. C’est pourquoi je suis souvent tenté
De lui faire l’aumône.
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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.
(Occidentales)