Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t3, 1888.djvu/355

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LOUIS TIERCELIN.


Et les Dieux pullulaient, tant le peuple ingénu
Multipliait partout leurs naïves images !
Les temples regorgeaient de prêtres et de mages ;
Le culte cherchait Dieu, même dans l’Inconnu !

Jésus vint, renversant les idoles d’argile,
Offrant la loi d’amour à l’univers surpris,
Et séduisant les cœurs et charmant les esprits
À la pure clarté de son doux Évangile.

« Aimez-vous, » disait-il, et du haut de sa croix,
Ouvrant ses bras divins au monde qu’il appelle,
Jésus laisse tomber sur la haine rebelle
Une fraternité de devoirs et de droits.

La sainte Égalité que le bon Maître crée
A triomphé bientôt ; pour le Christ tout-puissant
Les martyrs ont donné leur vie, et dans leur sang
Aussitôt germera la liberté sacrée.

Et le Monde est à Dieu ! Les doutes résolus
S’effacent. Cette vie apparaît comme épreuve,
Et le déshérité qui blasphémait s’abreuve
À l’immortel espoir du Règne des Élus.

Le pauvre est consolé, le mourant se résigne ;
Celui qu’on persécute est encore joyeux ;
La revanche du Ciel éclaire tous les yeux,
Et la douleur calmée a la croix pour insigne.

(Les Anniversaires)



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