Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/131

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GEORGES NARDIN.


Les violettes me sont chères :
Ce sont elles qui m’ont appris
Que, tous deux, nous étions épris,
À ton émoi des plus sincères
Quand tu les reçus de ma main.
Plus que la rose et le jasmin,
Les violettes nous sont chères.

Et ce sont tes fleurs préférées :
Te souvient-il ? tu les glanais
Dans la mousse, au pied des genêts ;
Par les rougeoyantes vesprées,
Quand je te serrais sur mon cœur,
Tes baisers avaient leur senteur ;
Car ce sont tes fleurs préférées.

Si je te survis, bien-aimée,
En pleurant sur toi comme un fou,
Je planterai dans la terre où
Tu dormiras inanimée,
Des violettes : leur parfum
Semblera, sur ton corps défunt,
Ton âme exquise, ô bien-aimée !





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