Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/173

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TANCRÈDE MARTEL.


Éclaboussé par les gouttières,
Je songeais aux coffrets nacrés,
Aux colliers, aux plumes altières,
Aux bijoux, aux écrins dorés.

Ils me chantaient jusqu’à l’ivresse
La sérénade du Métal ;
Et leur éclat, ô ma maîtresse !
Leur fol éclat m’a fait du mal.

Pourtant, je te dois des étrennes.
Que veux-tu de moi pour cadeau :
Un gai pinson, mangeur de graines,
Ou des fleurs dans un verre d’eau ?

J’ai des trous à mon escarcelle,
Et les éventails sont bien chers ;
Dédaigne la vieille vaisselle,
Choisis un cachemire, — en vers !

Mais, puisque dans notre demeure
L’amour habite aussi, veux-tu,
Jusqu’à ce que l’un de nous meure,
Tirer la langue à la vertu ?


(Les Poèmes à tous Crins)





BALLADE


POUR LA PLUS BELLE




Toute ma vie, en tous lieux, en tous temps,
Je chanterai ta grâce et ton sourire,
Et ton regard qui brave les autans,
Et ta beauté, cause de mon martyre !
Ton œil ardent, mystérieux, m’attire