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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Nous guérissons du souvenir
Sans jamais guérir de la vie,
Et les fleurs qui doivent finir
Toujours tiennent l’âme asservie.


(La Vie inquiète)





LES BOUQUETS DES PAUVRES




Les petites filles des rues
Qui vivent en vendant des fleurs
Me sont bien souvent apparues
Comme un symbole de douleurs.

Dans leur pauvreté poétique,
Ces messagères du printemps
Drapent d’un haillon fantastique
Leurs maigres membres grelottants.

Et leurs petites mains frileuses
Composent pourtant des bouquets
Dont se parent nos amoureuses
Pour les bals légers et coquets.


*
*       *


Petites filles inquiètes
Qui mourez de faim et de froid
En vendant des fleurs pour nos fêtes,
N’êtes-vous pas mes sœurs, à moi ?