Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/265

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GERMAIN-LACOUR.


Cherchons, au revers du coteau,
L’inclinaison des pentes douces,
Et, sur le sol, lepais manteau
Que font les gramens et les mousses.

Demandons aux arbres pensifs
L’abri de leur dôme qui tremble ;
Fuyons le vert sombre des ifs
Pour le vert adouci du tremble.

Sous ce rideau discret et sûr
Les clartés des cieux sont éteintes:
Goûtons l’attrait du clair-obscur
Et le charme des demi-teintes.

Les bruits lointains venus d’en bas
Vont s’apaisant dans les ramures,
Et nous écoutons les combats
Du silence avec les murmures.

Dans le vague du demi-jour
Les fleurs ont des nuances pâles
Oui nous rappellent tour à tour
Les turquoises et les opales.

Or, vibrant à chaque frisson,
Dans l’inconscience des causes,
L’âme se met à l’unisson
De l’indécision des choses.

Et c’est exquis. Et nous restons
— Ô Nature, c’est bien ta faute ! —
Pris au charme des demi-tons,
Paresseusement, à mi-côte.


(Les Clairières)