Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/299

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PAUL MARIÉTON.



CONSEIL




Ne donne pas ton cœur aux roses du chemin.
               Tu ne verrais pas les épines ;
Ne donne pas ton cœur aux fraîches églantines
               Vers qui déjà tu tends la main ;

Garde ta liberté, passe-toi d’un sourire,
               Vis plutôt tout seul, à l’écart —
On n’a point fait un pas qu’il est déjà trop tard
               Et qu’on est réduit à maudire !


(Souvenance)





PLAINTE




J’ai laissé mon cœur où sont mes amours,
               Là-bas, dans la verte plaine !...
               Vous qui connaissez le cours
               De ces funèbres amours,
                    Comprenez ma peine :
J’ai laissé mon cœur là-bas dans la plaine,
                    Et c’est pour toujours !


(Souvenance)






LA CHANSON DES YEUX




J’ai vu tous les yeux qu’on aime en ce monde,
               Tous les plus beaux yeux :
Les yeux caressants d’une tête blonde
               Qui m’ouvrit les cieux ;