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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


MAINS LILIALES




Tu te peignais. Amie, avec des mains si blanches
Qu’elles étaient des lys mêlés à tes cheveux,
Et que ces bras, sortant à demi de tes manches,
Semblaient des tiges hors de vases somptueux ;

Tu te peignais avec des mains si parfumées
Que, fou, j’ai respiré des lys en les baisant,
Et qu’en rêve je vois des corolles aimées
Dès que leur souvenir se réveille à présent ;

Avec des mains si délicates, si légères,
Qu’elles seules sauraient adoucir mes douleurs,
Et que de n’avoir plus leurs caresses trop chères
Je ne suis qu’un pays sans parfums et sans fleurs.





PER AMICA SILENTIA LUNAE




Errer par la nuit amicale
Calmera ton fiévreux tourment,
Errer doucement, en rhythmant
Tes rêves à ca marche égale ;

Le soleil, splendide ce cruel
Ainsi que l’amour dont tu souffres,
Vient de s’abîmer dans les gouffres
Incommensurables du ciel ;