Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/79

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JULES D’AURIAC.


LE VIEUX CAHIER




J’ai gardé d’elle, ainsi qu’une exquise relique,
Un des premiers cahiers qu’elle écrivait enfant :
Son souvenir y dort tendre et mélancolique.
C’est un livre sorti de l’ombre d’un couvent,

C’est un cours presque entier d’histoire, écrit devant
Un crucifix, et fait par un bon catholique,
Où, depuis Pharamond jusqu’à la République,
Chacun se voit jugé d’un petit ton savant.

Ah ! vous ne saurez pas, je ne peux pas vous dire
Combien je suis heureux de me prendre à relire
Dans ces récits naïfs mes rêves enfermés,

Comme j’en sais par cœur jusqu’aux moindres passages,
Et combien mes baisers ont suivi dans ces pages
Tous les mots qu’ont tracés ses petits doigts aimés !


(L’Idylle d’Hier)





L’EMPEREUR MORT




Quand Suleiman mourut dans sa ville sacrée,
Du palais aussitôt on fit fermer l’entrée,
Afin que le sultan si puissant et si fort
Parût victorieux même contre la Mort.