Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/81

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JULES D’AURIAC.


Ce duc, fleur de bravoure et de toute prouesse.
— Mais on le reconnut aux ongles, qu’il portait
« Merveilleusement longs, » en signe de noblesse.


(Poèmes d’Autrefois)





MENUET




J’aime les anciens airs charmants
Des menuets, des vieilles danses,
Avec les ralentissements
De leurs gracieuses cadences :

C’était alors très bien porté,
Et l’on devait connaître, en somme,
L’art de faire un parfait jeté,
Si l’on était bon gentilhomme.

Toutes ces chansons d’autrefois
Ont la même grâce secrète :
Les violons et les hautbois
Perlent une phrase discrète.

Pourtant, dans le rythme léger
De la légère ritournelle,
Il est comme un cri passager,
Comme une plainte qui se mêle ;

Et l’on dirait que l’on entend
Un écho terrible des choses
Qui vont, dans le bal éclatant,
Pâlir ces fronts chargés de roses ;