Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/494

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ment la condamnation à un mois d’emprisonnement pour les faits reprochés à l’accusé. Les articles du Code pénal visés au jugement (art. 305, 307, 311, avec, il est vrai, l’art. 463, circonstances atténuantes) comportaient des pénalités beaucoup plus rigoureuses, comme nous l’avons indiqué plus haut.

Ceci n’excuse pas Verlaine d’avoir mal parlé à sa mère, peut-être même, dans une minute d’emportement alcoolique, de l’avoir menacée ; mais on reconnaîtra que cette affaire de Vouziers, très peu connue jusqu’ici, mais non ignorée complètement, n’avait en soi aucune gravité. C’était une affaire justiciable surtout du tribunal domestique, et méritant à Verlaine dégrisé, le lendemain, un fort savon maternel.

Le bulletin de sortie de la maison d’arrêt de Vouziers, où Verlaine fit sa peine, que j’ai entre les mains, est ainsi libellé :


Le nommé Verlaine, Paul-Marie, 40 ans, demeurant à Coulommes, né à Metz (Alsace-Lorraine), est sorti de la maison d’arrêt de Vouziers le 13 mai 1885, après avoir subi la peine de un mois d’emprisonnement prononcée par jugement du tribunal de Vouziers, en date du 24 mars 1885, pour violences et menaces de mort.


Verlaine, condamné le 24 mars, avait presque aussitôt après purgé sa peine, puisque, d’après la levée d’écrou du 13 mai, il avait dû se constituer prisonnier le 12 avril.

Il sortit donc, par une belle matinée de printemps, de cette geôle, familiale presque, dont il a fait un croquis, pittoresque et point rancunier, dans les Mémoires d’un Veuf (un Héros, l’histoire amusante du Corbeau), et dans Mes Prisons.

Personne ne l’attendait sur la place, et nul visage