Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/108

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du régiment, va nous unir par des liens sacrés qui me donneront le droit précieux de vous appeler ma femme.

— Le docteur Ormsby ! répéta Antoinette d’un air égaré qui prouvait qu’elle comprenait alors pour la première fois les circonstances exceptionnelles d’un mariage secret.

Oui, il en devait être ainsi : aucun prêtre catholique ne voudrait pas ou n’oserait pas la marier ainsi secrètement. D’un autre côté, son père était attendu d’un jour à l’autre : il n’y avait donc plus de temps laissé à l’hésitation. Bien que, depuis son arrivée chez madame d’Aulnay, elle eut perdu beaucoup de cette piété, de cette droiture de sentiments qui avaient été ses principales qualités dans la maison de son père, quelque négligente qu’elle eût été, depuis quelque temps, dans ses prières, dans l’accomplissement de ses devoirs religieux, elle n’avait pas cependant encore totalement oublié les immuables principes dans lesquels elle avait été élevée ; ce qui lui en restait suffisait pour la faire reculer devant l’idée d’un mariage clandestin qui ne recevrait pas la sanction de son père ni cette bénédiction religieuse que, dès sa plus tendre enfance, elle avait été habituée à considérer comme essentielle à la cérémonie nuptiale.

Voyant augmenter son trouble et en devinant parfaitement la cause, Sternfield se mit à faire l’éloge du révérend M. Ormsby qu’il représenta comme un