Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/297

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affaires importantes à régler, et qu’il avait promis en même temps à M. de Mirecourt d’exercer une active surveillance sur leurs mouvements.

Madame d’Aulnay déclara, en riant, que comme elle voulait lui donner toutes les occasions possibles pour remplir sa mission, elle lui laissait carte blanche sous le rapport des visites : que le matin, le midi ou le soir, au déjeuner, au dîner ou au souper, il serait toujours bien venu, sans aucune autre invitation.

Cet aimable défi fut gaiement accepté, et le soir même, ainsi que les suivants, on vit Louis dans les salons de madame d’Aulnay.

Quelques-uns de ses anciens regards et ses couleurs d’autrefois revinrent sur les traits d’Antoinette pendant qu’elle écoutait les saillies provoquantes de Louis. La conversation du jeune homme ne comportait aucune pensée ni aucune réminiscence désagréables ; il ne rappelait que ce qu’il y avait eu d’heureux dans le passé, et le soin, la délicatesse avec lesquels il évitait toute allusion à son malheureux amour pour elle, — amour qu’il paraissait d’ailleurs avoir entièrement maîtrisé, — éloignaient tout ce qu’il y aurait pu avoir de gênant dans leurs entretiens.

Un soir, ils étaient tous les trois réunis dans le salon. Jamais Louis n’avait été plus amusant et les deux dames mieux amusées. Antoinette lui avait demandé de tenir un écheveau de soie qu’elle devait dévider, et, pour prendre une position plus commode, il s’était jeté