Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/48

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IV.


Pendant qu’elle attend ainsi, nous retournerons de quelques heures sur nos pas, à la rencontre de Paul qui s’en revenait chez lui. Il allait rapidement, cahoté en tous sens, sans se soucier ni de la boue des chemins ni de la pluie qui l’inondait si généreusement mais tout entier à l’heureuse perspective de se trouver bientôt avec sa chère Geneviève, au souvenir des excellentes affaires qu’il avait faites à Montréal et dont il rapportait des preuves par de jolis présents destinés à sa femme.

Tout-à-coup, il rencontra le bonhomme Olivier Dupuis qui cheminait à pied, de son côté, le long de la route, sans paraître plus soucieux de la pluie qu’il ne l’était lui-mème. Il va sans dire que Paul arrêta son cheval et offrit au voyageur une place à ses côtés, proposition qui fut acceptée par ce dernier avec d’autant plus d’empressement qu’il avait plus d’une raison pour le faire.

Une fois repartis, après quelques paroles échangées entr’eux à propos du temps, Paul dit assez vivement :

— Ah ! père Dupuis, ça fait du bien et ça raccourcit merveilleusement la longueur de la route, que de savoir qu’au bout il y a une femme bonne et fidèle pour nous recevoir !

Olivier poussa un gros soupir, et secoua la tête en signe de doute. Supposant que cette boutade pleine de tristesse était delà part du