Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/66

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V


Ce ne fut que par amour pour Geneviève que Paul chercha une mère pour son enfant, et cette pensée seule, à l’exclusion de toute autre, le guida dans son second choix.

Sans se soucier de la jeunesse, de la beauté et de la richesse, il passa en revue plusieurs filles aux yeux clairs, aux lèvres roses, qui auraient volontiers accepté sa demande, et en choisit une qui n’avait pas une grande beauté, mais qui était aimable, vertueuse, et déjà considérée dans la paroisse comme une vieille fille ; en cela il avait la ferme conviction qu’en autant que la chose serait possible, elle remplacerait auprès de son fils qu’il idolâtrait, la jeune mère que celui-ci avait si prématurément perdue.

Le jour qu’il demanda Eulalie Messier en mariage, il lui expliqua franchement les raisons pour lesquelles il se décidait à changer son état, ajoutant qu’il l’estimait et la respectait. et qu’il ferait tous ses efforts pour faire un bon mari ; mais il ne lui dit pas un seul mot d’amour. Eulalie fut parfaitement satisfaite, et très-reconnaissante envers la Providence et envers Paul ; car sans dot et sans attraits personnels, elle semblait irrévocablement condamnée à rester seule, ce qui équivalait, selon elle, à une vie d’isolement et d’un labeur sans fin.

Le second mariage de Paul eut lieu par une brûlante journée de juillet, mois aussi