Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/97

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eût dédaigneusemeut tourné le dos à son ami de collège, il s’approcha de la jeune demoiselle qui avait abordé les deux frères quelques minutes auparavant : c’était Gertrude de Beauvoir, la nièce de M. de Courval. Armand la voyait pour la première fois. Victor se pencha pour lui glisser dans l’oreille quelques mots d’amitié ou de flatterie, à quoi elle, aussi fantasque et capricieuse que belle, pour toute réponse se détourna de lui avec pétulance et jeta par la fenêtre une branche d’héliotrope qu’il lui avait donnée quelques instants auparavant.

La musique, les danses-rondes, les promenades furent mises en réquisition pour divertir nos invités qui tous passèrent agréablement la veillée, à l’exception peut-être de notre héros. Paul lui-même, ayant rencontré une couple de gaillards de sa trempe qui haïssaient la conversation, les filles, la musique et toute sorte de vilaines choses semblables, et qui ne se souciaient de rien autre chose que de foot-ball, de promenades en chaloupe, de la pêche, Paul, disons-nous, s’était passablement amusé. Seul, Armand, qui était trop gêné, trop réservé et trop mal à son aise pour faire des avances, et souffrant encore de la vive blessure que de Montenay avait infligée aux sentiments délicats de son cœur, comptait les heures et soupirait pour la fin.

Quoiqu’obligeant, M. de Courval n’était pas un hôte bien attentif, et sa sœur, madame de Beauvoir, qui, couverte de soie et de dentelles, était restée languissamment étendue