Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/99

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
97

bien grossier et bien mesquin de la part du cousin Victor d’en agir ainsi !

Singulièrement soulagé par cette sympathie inattendue, Armand sentit sa gêne disparaître peu-à-peu, et il se surprit bientôt à raconter à la jeune fille les détails de ses épreuves et de ses troubles d’écolier, jusqu’à la fameuse lutte qui avait été l’origine de son amitié avec de Montenav. Tandis qu’il s’accusait de l’accès de rage auquel il s’était livré en cette mémorable occasion, Gertrude l’interrompit par des battements de main et en s’écriant avec énergie :

— Bien, très-bien ! Vous auriez dû traiter de la même manière tous les autres misérables ! C’est un bonheur que je ne sois pas garçon, car je suis si susceptible, que je ne puis pas souffrir patiemment un regard ou un mot grossier, de sorte que j’aurais toujours été en querelle avec mes camarades d’école. Je ne commence jamais, mais aussi je n’excuse jamais une impertinence ou une injustice.

À ce moment de Montenay passait la porte qui donnait sur le balcon.

— Venez, dit-il, mademoiselle la déserteuse, votre maman m’a envoyé vous chercher.

Et en disant cela, il passa nonchalamment son bras à l’entour de la taille de Gertrude en essayant de l’attirer vers la maison.

La vive jeune fille ressentit tellement l’impertinence d’une telle liberté que, se retournant, elle lui appliqua sur l’oreille un soufflet retentissant et des mieux conditionnés, tout en lui disant :