Page:Les Fouteries chantantes, 1791.djvu/64

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
( 38 )


Dans le siecle tout d’or de la simple Nature,
L’on ne connaissait point le péché de luxure :
Sur le premier gazon, à sa proximité,
Un vit bourrait un con sans impudicité :
L’innocence régnait, tout était à sa place ;
Jamais un vit en rut n’éprouva de disgrace.
Ô changement ! ô mœurs ! ô préjugés affreux !

Les mortels, de nos jours, sont bien loin d’être heureux !

Un bonheur si parfait ne fut pas de durée.
Si-tôt que des trésors la soif démesurée
Partagea les humains sur divers intérêts,
L’on établit des Loix, on porta des Décrets,
L’on créa des Édits, on fit des Ordonnances,
Et même pour les culs l’on eut des prévoyances,

Pour-lors on défendit qu’un vit pauvre et navré

S’avisât d’approcher d’un con riche et paré.
L’Épouse, au mot d’un Prêtre, à son Époux soumise,
Ne dut plus que pour lui retrousser sa chemise :

L’Amour, le tendre Amour opprimé sous ces loix,

Chercha de vains discours dans d’impudiques doigts.