Page:Livre du Chevalier de La Tour Landry.djvu/214

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essauce l’umble qui mercy requiert, et pour ce est bon exemple que nulle femme ne se doit orgueillir des biens et des graces que Dieux lui donne, ne avoir despit ne envie sur autres, si comme eust Phenomia, qui avoit enffans et avoit envie et despit sur Anna qui n’en avoit nulz, et pour ce Dieu la punist sur ses enffans, qui tous moururent, et en donna à l’autre qui tous vescurent. Sy sont ainsi les jugemens de Dieu. Et pour ce y doit l’en prendre bon exemple et se humilier envers luy et n’avoir envie ne despit sur nulluy. Sy vous laisseray ceste matière et vous parleray d’une autre sur le fait de convoitise.




Cy parle de convoitise
Chappitre LXXe


Je vous diray un autre exemple sus le fait d’une faulce femme qui eust nom Dalida, qui fut femme Samson fortin, lequel l’amoit à merveilles, et tant qu’il ne feist pas aucune chose que elle ne sceust. Et pour le grant amour que il avoit en elle, il fust sy fol que il li descouvrit que toute sa force estoit en ses cheveulx. Et quant la faulce femme le sceust elle fist dire aux paiens, qui estoient ennemis de son seigneur, que, se ilz luy vouloient donner bon loyer, elle le leur feroit prendre. Et les paiens luy promistrent que, se elle le povoit faire, ilz luy donroient certaine somme d’or et de robes. Et celle, qui fust deceue par convoitise,