Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/79

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nuyeux est le plus mauvais de tous les genres. Ce n’est ni du drame physiologique et brutal à la manière d’Alexandre Dumas, ni du drame spiritualiste et intime à la manière d’Alfred de Vigny ; ce n’est pas même du drame lyrico-fantastique, comme les Sept Cordes de la lyre, par exemple, où l’idéal tient lieu de passion, de mouvement et de vie ; c’est une sorte de juste-milieu entre Antony et Chatterton, un mélange sans nom de sensualisme et d’idéalisme, d’emportement et de langueur, quelque chose qui n’est, à proprement parler, ni vrai, ni élevé ; une action dénuée de réalité et de suite, mal engagée au début, maigre d’incidents, conduite péniblement d’invraisemblances en invraisemblances, et qui s’arrête bien plutôt, qu’elle ne finit ; c’est du reste toujours le même style, large, étoffé, splendide, toujours le même beau vêtement, mais, cette fois, rien dessous.

Cosima est le point de départ d’une nouvelle évolution dans la marche des idées de George Sand. — Ce n’est plus l’auteur jeune, passionné et fougueux d’Indiana, de Valentine, de Jacques, de Lélia ; ce n’est plus ce poète naïf, mobile, varié, touchant, contradictoire et vrai des Lettres d’un Voyageur, écrivant sous la dictée de sa mémoire, de son imagination et de son cœur ; ce n’est plus aussi ce génie tranquillisé qui, dans un moment de repos, enfanta André, Simon, Mauprat, les Lettres à Marcie ; c’est George Sand arrivé enfin à sa période de parti pris. À force de lui crier, amis et ennemis, qu’il avait un système, ils ont fini par le lui persuader, et voilà l’auteur d’Indiana qui fait décidément des romans humanitaires, et glisse entre deux amours des tartines de socia-