Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/209

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UN CAS JURIDIQUE SANS PRÉCÉDENT


La bibliothèque de M. le président Barbeville était le lieu de ses délices. Il l’appelait : ma garçonnière.

Tous les matins, il y montait, familièrement, en robe de chambre. Délaissant un cabinet où il n’avait plus rien à faire, depuis que l’âge de la retraite l’exilait du tribunal, M. le président Barbeville gravissait d’un pas encore vif un petit escalier de pierre en colimaçon qui le menait au dernier étage, et jamais il n’ouvrait la porte sans un sourire de contentement.

Le trésor de ses livres était éclairé par un vaste reflet de verdure. À travers les petits carreaux d’une grande fenêtre Louis XIV, on voyait flotter au dehors la fraîcheur des feuilles nouvelles. Deux marronniers dépassaient de la cime le toit du vieil