Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/31

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


« Ne me touche pas ! pleura-t-elle. Oh ! que j’étais heureuse ce matin ! Je ne comprenais pas combien j’étais heureuse ! Maintenant s’il revient je ne l’aimerai plus ! Maintenant tu m’as dit ! Ah que tu es méchant ! »

Il l’enlaça tout à fait et lui caressa les cheveux.

« Oh ! Non ! Non ! Non !… Non ! cria-t-elle encore. Oh ! pas toi ! Oh ! pas cela ! Oh ! le Cygne ! S’il revenait… Hélas ! Hélas ! tout est fini, tout est fini ».

Elle restait les yeux ouverts, sans pleurer, et la bouche ouverte et les mains tremblantes d’effarement.

« Je voudrais mourir. Je ne sais pas même si je suis mortelle. Je voudrais mourir dans l’eau, mais j’ai peur des naïades, et qu’elles ne m’entraînent avec elles. Oh ! qu’ai-je fait ! »