Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/302

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Le roi goûta peu le conseil et fit la moue ; le faux filleul parut moins satisfait encore.

Quelques jours après, en se promenant dans le jardin, le roi s’arrêta à contempler le soleil, qui se couchait, et dit :

— Je voudrais bien savoir pourquoi le Soleil se montre à nous sous trois couleurs différentes, chaque jour : rose, le matin, blanc, à midi, et rouge, le soir ?

Et le faux filleul s’empressa de lui répondre :

— Envoyez le jeune jardinier vers le Soleil, parrain, pour le lui demander.

— Tu as raison, mon filleul, je vais l’envoyer, pour voir.

Et le vieux roi fit venir Efflam et lui dit :

— Il te faut, mon garçon, aller trouver le Soleil, chez lui, dans son palais, pour lui demander pourquoi il se montre à nous sous trois couleurs différentes, chaque jour, et tu me rapporteras sa réponse.

— Et comment voulez-vous, sire ?...

— Il faut que tu y ailles, et tout de suite, interrompit le roi, ou il n’y a que la mort pour toi.

Le soir, après le coucher du Soleil, Efflam se rendit secrètement au puits du jardin, se pencha dessus, souffla dans son sifflet d’argent et le vieillard à barbe blanche monta aussitôt jusqu’à lui et lui demanda :