Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/454

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retirer de là, une moitié de tout ce qui appartiendrait à votre femme et à vous, au bout d’un an et un jour ?

— Je me le rappelle, répondit louenn, et je suis prêt a tenir ma parole.

Et il demanda les clefs a sa femme, ouvrit toutes les armoires et tous les coffres où étaient leur or, leur argent, leurs diamants et leurs parures, et dit :

— Voyez ! je vous donnerai du fond du cœur une moitié de tout ce que nous avons la, et ailleurs aussi.

— Non, Iouenn Kerménou, ce n’est pas de ces biens-là que je demande et je vous les laisse tous ; mais, voici quelque chose de plus précieux et qui vous appartient encore à tous deux (et il montrait l’enfant entre les bras de sa mère), et une moitié m’en appartient aussi.

— Dieu : s’écria la mère, en entendant cela, et en cachant son enfant dans son sein.

— Partager mon enfant !... s’écria, de son côté, le père, saisi de terreur.

— Si vous êtes homme de parole, reprit l’autre, songez à ce que vous m’avez promis, sur le rocher : que vous me céderiez, au bout d’un an et un jour, la moitié de tout ce qui appartiendrait eu commun à votre femme et à vous, et je pense que cet enfant est bien à vous deux ?...