Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/182

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Où donc sont-elles ?

— Elles sont allées se promener, au loin ; est-ce que vous voulez les voir ?

— Oui, je serais bien aise de les voir.

Laouic souffla trois fois dans son sifflet d’argent, et les perdrix arrivèrent aussitôt. Il y en avait dix.

— Tu as là un bien joli sifflet ; veux-tu me le vendre ?

— Peut-être, si vous m’en donnez ce que je vous demanderai.

— Combien en veux-tu ?

— Six cents écus, et, de plus, trois coups d’alène que je vous donnerai dans le derrière.

— Va pour six cents écus, et qu’il ne soit pas question du reste.

— Je tiens aux trois coups d’alêne.

— C’est déraisonnable, ce que tu dis-là, je n’y consentirai jamais.

— Alors, rien ne sera fait, et vous garderez votre argent et moi mon sifflet.

— Eh bien ! puisqu’il le faut, — car j’ai bien envie d’avoir ton sifflet, — tiens, voilà les six cents écus.

Puis il se mit en posture, et Laouic lui enfonça son alêne, jusqu’au manche, dans la fesse droite.

— Aïe ! aïe ! ! aïe ! ! ! cria-t-il, en se redressant.