Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/232

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les yeux bandés, ils n’avaient pas vu l’épée. Le prince alla à eux, leur débanda les yeux et ils furent bien étonnés de le voir là, en vie, pendant que tout était mort autour d’eux.

— Retournons vite à la maison, leur dit-il, car notre père est bien inquiet de nous.

Pendant qu’ils cheminaient tous les trois ensemble, les deux aînés demandèrent au cadet :

— Où donc as-tu été ?

— En Hongrie, répondit-il.

— Et tu rapportes le remède qui doit rendre la santé à notre père ?

— Oui, j’ai le remède.

— Ce n’est pas vrai, ou, si tu l’as, fais-le voir.

— Le voici !

Et il tira de sa poche et leur fit voir une petite fiole de verre bleu remplie d’une liqueur limpide et claire.

Ils devinrent jaloux de leur cadet et conçurent le projet de lui enlever le remède et de se défaire de sa personne. Ils n’avaient qu’un cheval pour eux trois et ils le montaient, chacun à son tour. Comme le cadet était sur le cheval, les deux autres marchaient à quelque distance derrière et combinaient l’exécution de leur projet criminel. Ils arrivèrent à un puits, au bord de la route, et s’y arrêtèrent, pour se désaltérer et se reposer un peu. Les deux frères aînés se penchèrent sur l’ou-