Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/236

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m’avait fallu attendre ce service de toi, j’aurais attendu longtemps encore.

— Peut-être, mon père ; mais, peu importe à qui vous devez votre rétablissement, je suis heureux de vous voir dans cet état.

Le pauvre cadet retourna, comme devant, à la cuisine avec les domestiques, et on ne parla plus de lui.

Ses deux frères étaient tous les jours à la chasse et en partie de plaisir, et passaient leurs nuits au jeu ou à courir la ville, en joyeuse compagnie, insultant et rossant les habitants, et les plaintes pleuvaient contre eux au palais ; mais, le roi n’y faisait aucune attention.

Un jour, arriva à la cour, dans un carrosse tout doré, une belle princesse que personne ne connaissait, et qui demanda à parler au roi.

Le vieux monarque s’empressa de venir la recevoir.

— Salut, lui dit-elle, roi de France.

— Salut, jeune et charmante princesse, répondit-il, je suis votre humble serviteur.

— Je suis la princesse de Hongrie, et je viens, comme je l’avais promis, au bout de l’an et jour, pour épouser celui de vos fils qui est venu jusqu’à chez moi, chercher le remède à qui vous devez la santé, et qui m’a rendue mère, avant de partir.