Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/28

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noir continuèrent leur route, repassant par où ils étaient venus [1].

Ils arrivent au château d’or et s’y arrêtent, comme Mabic l’avait promis.

— As-tu le sabre ? lui demandèrent les géants.

— Le voici ! dit-il, en le brandissant.

Et il tue et met facilement en pièces les quarante géants.

Puis, il poursuit sa route, arrive au château d’argent et massacre aussi les trente géants qui l’habitaient. Il en fait autant des douze géants du château de cristal, et, comme il en sortait, il rencontre une petite vieille qui lui dit :

— Tu es un terrible homme, avec ton sabre ; mais, mon fils, qui demeure seul dans le château de l’île, et qui tient ta mère en cage, saura bien venir à bout de toi.

— En attendant, vieille sorcière, je vais vous faire passer le goût du pain.

  1. C’est à tort, croyons-nous, que le conteur renvoie ainsi la princesse dans son pays, pour ne plus nous parler d’elle. La logique et les habitudes des contes populaires exigent qu’elle reparaisse, au moins au dénoûment, pour épouser le héros.
    Il nous semble encore étrange que le petit cheval noir pût être le père de Mabic, lorsqu’il était au service du géant, et qu’il conduise le prince au château de celui-ci. Ce conte porte des traces évidentes d’altérations profondes, qui proviennent sans doute du défaut de mémoire du conteur, qui était jeune : 14 ou 15 ans.