Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/293

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— Et personne ne peut vous délivrer de ce monstre ? demanda Robardic.

— Un animal si redoutable ! qui a sept têtes et qui vomit du feu ! Comment le vaincre ? Des armées entières ont été envoyées contre lui, et il les a détruites, jusqu’au dernier homme !

Robardic ne dit rien de plus. Il alla, comme d’habitude, au bois, avec ses bœufs et ses vaches ; mais, tout le jour, il ne fit que rêver au moyen de sauver la princesse. Le soir, quand il revint, ce n’était que sanglots et cris de douleur, dans tout le château.

Le lendemain matin, après des adieux déchirants, on mit la pauvre jeune fille sur un cheval, le plus mauvais de l’écurie, et ses parents et ses amis l’accompagnèrent jusqu’à la lisière de la forêt. Là, elle descendit de cheval, embrassa encore une fois ses parents, puis elle pénétra, seule, et à pied, dans le bois. Elle allait lentement, en pleurant et en sanglotant, lorsqu’elle vit venir à elle un beau cavalier monté sur un magnifique cheval, suivi d’un chien et couvert d’une armure complète ; le tout était de la couleur de la lune, cheval, chien, épée et armure. C’était Robardic, qui avait pris tout cela à la première écurie du château du vieux sanglier.

— Où allez-vous ainsi, belle demoiselle ? lui demanda le cavalier.