Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/296

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— Pas encore, mais, quand je vous aurai sauvée définitivement.

Ils se séparèrent. La demoiselle retourna, seule, au château de son père, où l’on fut bien étonné de la revoir. On l’embrassa, on pleura de joie, on la pressa de questions, et elle raconta comment elle avait été sauvée par un jeune cavalier, qu’elle avait rencontré dans la forêt, qui avait combattu le serpent et lui avait coupé six têtes : mais, le lendemain, hélas ! il faudrait retourner, car le serpent n’était pas encore mort.

— Qui est ce cavalier ? et pourquoi ne l’avez-vous pas amené ?

— Il a refusé de m’accompagner et de dire son nom. Mais, il a promis de combattre encore pour moi, demain.

Et voilà l’espoir de renaître dans les cœurs, car on se disait que, puisque le serpent n’avait plus qu’une seule tête, le cavalier inconnu, qui lui en avait déjà coupé six, en viendrait facilement à bout.

Robardic, en quittant la jeune fille, était allé reconduire le cheval et le chien et déposer ses armes dans l’écurie du sanglier : puis, il rentra tranquillement au château, au coucher du soleil, avec ses bœufs et ses vaches. Trouvant tout le monde joyeux et content, il feignit d’en être étonné, et en demanda la cause à la vieille cuisinière. Celle-ci lui expliqua tout.