Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/310

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roi, et de me l’amener en vie, de manière à ce qu’on puisse le voir et l’examiner, sans danger.

— Voici, dit le devin, comment on devra s’y prendre pour s’en rendre maître : Il faudra construire une grande cage de fer avec un ressort qui fera que la porte se fermera d’elle-même, quand on y entrera. On portera la cage dans le bois, on y mettra de la viande, des gâteaux et du vin, et on en laissera la porte ouverte. Des soldats se tiendront à l’affût, cachés derrière les troncs d’arbres et des buissons, pour guetter le moment où le Murlu y entrera. Dès qu’il y sera entré, la porte se fermera d’elle-même sur lui. On chargera alors la cage et l’animal sur un chariot et on vous les apportera dans la cour du palais.

On fit comme le devin avait dit, et le Murlu fut amené captif, dans la cage de fer. Il grinçait des dents, mordait les barreaux de sa prison et poussait des cris épouvantables. Le roi mit la clef de la cage dans sa poche, et dit que quiconque rendrait la liberté au Murlu serait puni de mort.

Un jour, le jeune fils du roi jouait avec des boules d’or, dans la cour du palais. Le Murlu, qu’on avait enfermé dans une tour forte, le regardait, à travers les barreaux de fer de sa prison. Le prince lui lança une de ses boules, et elle entra dans la tour, ce qui le contraria beaucoup.

— Rends-moi ma boule, cria-t-il au Murlu.