Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/320

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soir, avec son troupeau, comme s’il ne savait rien de ce qui s’était passé.

Toute la cour et la ville étaient en allégresse et en fête, et les cloches sonnaient, à grande volée, à tous les clochers. Il y eut aussi un grand festin. Il feignit d’être étonné de tout cela, et en demanda la cause.

Cependant le vieux roi était désireux de connaître le sauveur de sa fille, et il fit publier par tout le royaume qu’il n’avait qu’à se présenter à la cour, faire la preuve, et, quel qu’il pût être, il lui accorderait la main de la princesse.

Un charbonnier, en passant par la forêt, aperçut les sept têtes du serpent, coupées et gisant à terre. Il avait connaissance de la promesse du roi ; aussi, se hâta-t-il de mettre les têtes dans un sac et de se présenter à la cour pour réclamer la récompense promise. La princesse avait beau protester et dire que ce n’était pas là l’homme qui l’avait arrachée au monstre, le charbonnier disait pour sa raison :

— Voilà les sept têtes du serpent, que j’apporte ; quelqu’un ici prétend-il les avoir coupées ?

— C’est évident, disait le roi, il n’y a rien à répondre à cela, et je ne puis pas aller contre ma parole : cet homme vous a sauvé la vie, et il est juste qu’il en soit récompensé, comme je l’ai promis : les noces auront lieu, dans la huitaine.