Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/355

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pas se marier, ce qui contrariait beaucoup son père et sa mère [1].

Un jour, arriva aussi pour la demander un beau seigneur, venant d’un pays lointain. Personne ne le connaissait. Il lui plut pourtant, et le mariage se fit promptement, et il y eut de grands festins et de belles fêtes, à cette occasion. Puis, Lévénès partit avec son mari pour son pays. Celui-ci habitait un château magnifique, au loin, bien loin. Quand il s’absentait, ce qui lui arrivait souvent, il lui laissait toutes les clefs du château, excepté celle d’un cabinet, dont il lui défendait l’entrée. Il y avait dans ce château un grand nombre de chambres, et toutes renfermaient des trésors et des richesses de toute sorte. La jeune femme éprouvait un grand plaisir à passer de chambre en chambre et à regarder et à admirer toutes les belles choses qu’elle y voyait. Mais, bientôt le cabinet secret commença à l’intriguer et elle y songeait constamment. Son mari, la voyant pensive et rêveuse, lui demanda, un jour :

— Que désire votre cœur, ma chérie ? Dites et je vous le procurerai, sur-le-champ.

— Je ne désire rien autre, répondit-elle, qu’un cancre de mer.

  1. A partir d’ici, le conte primitif se perd dans une autre fable, qui n’est qu’une variante du Barbe-Bleue de Ch. Perrault.