Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/362

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— Nous ne pouvons pas faire cela, — dirent les trois sœurs ensemble, — il nous battrait, et toi-même tu serais mangé par lui ; rends vite le vêtement de plume de notre sœur.

— Je ne vous le rendrai que si vous me promettez de me porter jusqu’au palais de votre père.

Les deux aînées, déjà dans leurs peaux emplumées, vinrent au secours de leur sœur.

— Rends son vêtement de plumes à notre sœur, ou nous allons te mettre en pièces ! crièrent-elles.

— Bast ! je n’ai pas peur de vous, répondit Pipi, bien qu’il ne fût pas très rassuré.

Voyant que ni prières ni menaces ne pouvaient le fléchir, elles dirent à leur cadette :

— Il faut faire ce qu’il te demande, car sans tes plumes, tu ne peux retourner à la maison, et si notre père nous voyait revenir sans toi, il nous punirait sévèrement.

La jeune princesse pleura, mais promit. Pipi lui rendit alors sa peau de plume. Elle s’y introduisit et lui dit ensuite de monter sur son dos ; — ce qu’il fit. Alors, les trois sœurs s’enlevèrent en l’air, si haut, que le jeune garçon ne vit plus ni la terre ni l’eau. Mais, il aperçut bientôt le château du magicien, retenu au-dessus des nuages par quatre chaînes d’or.