Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/383

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— A la cour ! Y songes-tu ? L’on se moquerait de moi.

— C’est le roi lui-même qui te demande, ma sœur chérie, et personne ne se moquera de toi ; tu peux être tranquille à ce sujet.

Yvonne emmène avec elle sa nourrice et la fille de celle-ci, et ils s’embarquent et partent, car il fallait traverser la mer. Le roi avait donné à Yves un coffre de verre, pour y mettre sa sœur, pendant la traversée, afin que son teint ne fût pas bruni par le soleil et l’air de la mer.

Yves, qui avait été chargé par le roi d’une mission auprès d’un prince de Normandie, alla par terre, pendant que les trois autres allaient par mer. Il les avait bien recommandées au capitaine du navire. Yvonne se tenait constamment dans son coffre de verre. Le soir, pourtant, quand le soleil était couché, elle venait un peu se promener et prendre l’air, sur le pont. La nourrice avait conçu le projet infernal de se défaire d’elle, par quelque moyen, et de lui substituer sa fille, quoiqu’elle fût laide et disgracieuse au possible.

Un soir, après une journée très chaude, elles étaient toutes les trois sur le pont, et regardaient la mer, la nourrice seule d’un côté, et sa fille et Yvonne, de l’autre. Tout d’un coup, la nourrice s’écria :