Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/416

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entrer ici, il ne faut pas y songer ; peut-être bien que le bourdon trouverait le moyen d’arriver jusqu’à moi ; je vais l’appeler, puisqu’il ne me reste pas d’autre chance.

A peine eut-il formé le désir d’être secouru par le bourdon, qu’il entendit ce bruit qui lui annonça sa présence : Vraon ! vraon ! Puis une voix lui murmura à l’oreille :

— Ne t’inquiète pas, me voici. Cherche les princesses à tâtons, dans l’obscurité, et quand tu m’entendras voltiger autour de la tête d’une d’elles, ce sera celle-là la plus jeune et la plus jolie, et tu pourras le dire, sans crainte de te tromper, car je connais parfaitement les trois princesses, et, tous les jours, je leur fais visite, dans leurs chambres.

Fanch se sentit rassuré, et il s’avança, les bras tendus en avant, pour chercher les princesses, dans l’obscurité. Il en prit une, mais n’entendant pas le bruit convenu, il la quitta, pour en chercher une autre. Il en prit une seconde ; ce n’était pas encore celle-là. Mais, dès qu’il mit la main sur la troisième, il entendit, autour de sa tête : Vraon ! vraon !... et, sans hésiter, il s’écria :

— C’est celle-ci la plus jeune et la plus jolie des trois princesses !

Et c’était vrai. Aussitôt, la chambre se trouva