Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/57

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— Descendons à terre, alors.

Ils descendirent à terre et aussitôt leurs chevaux se trouvèrent métamorphosés en fontaine, leurs trésors, en pierres d’or et d’argent et en feuilles jaunes et blanches, dans les arbres, autour de la fontaine, et eux-mêmes, en grenouilles d’or, au fond de l’eau.

Le magicien arriva, un moment après, et, apercevant cette belle fontaine, qu’il ne connaissait point, il descendit pour l’admirer.

— Comme c’est beau ! se disait-il ; je ne savais pas posséder une semblable merveille, sur mes terres.

Et, apercevant les deux grenouilles d’or, au fond de l’eau :

— Oh ! les jolies petites grenouilles ! on dirait qu’elles sont d’or ; si je pouvais les prendre, pour les porter à ma femme !

Et il entra dans l’eau et essaya de prendre les grenouilles ; mais, elles lui échappaient toujours, au moment où il croyait mettre la main dessus.

Impatienté et voyant que tous ses efforts étaient inutiles, il se décida à retourner chez lui, ayant complètement oublié le but de son voyage. En le voyant revenir, seul, sa femme lui dit :

— Eh bien ! vous ne les avez donc pas trouvés, que vous revenez seul ?