Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/90

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Et elle répéta.

— C’est bien cela, princesse, dit Péronic.

— Comment pouvez-vous faire une demande si insensée ? Demandez-moi de l’or et de l’argent, autant que vous en voudrez, et nous pourrons nous entendre ; mais, quant à cela, n’espérez pas...

— Alors, princesse, il ne me reste qu’à m’en retourner, avec mon merle d’or.

Et il salua et s’en alla.

Mais, il n’était pas encore sorti de la cour, que la princesse lui fit dire de revenir.

— Voyons, jardinier, lui dit-elle, vous allez me faire des conditions plus raisonnables.

— Non, princesse, ce sera cela ou rien.

— Eh bien ! puisqu’il le faut pourtant... donnez-moi votre merle d’or... Ce soir, quand tout le monde sera couché, au palais, vous viendrez tout doucement frapper à la porte de ma chambre... Mais, surtout faites bien attention que personne ne vous voie.

La princesse se promenait alors, tous les jours, dans le palais et les jardins, avec son merle d’or sur le doigt, et elle en était tout heureuse et toute fière, et tous ceux qui entendaient chanter l’oiseau en étaient ravis.

Mais, environ neuf mois après, il lui fallut garder le lit. Elle reçut les soins du médecin ordinaire du palais, qui ne comprit rien à sa mala-