Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/108

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mois. Quant aux serpents venimeux dont avait parlé la sorcière, ils avaient complètement disparu.


Le seigneur revint de voyage, et quand il demanda des nouvelles de Déodié, sa femme lui dit :

— Ah ! oui, quelque chose de bien que votre fille ! Elle est partie, et personne ne sait où elle est allée. Elle aura sans doute suivi quelque galant. D’ailleurs, je n’ai jamais eu bonne opinion de cette fille-là.

Le pauvre père éprouva une grande douleur de cette nouvelle, et il en devint tout triste.

Cependant, le petit chien continuait de venir dérober des vivres au château. Les cuisiniers et les valets l’avaient remarqué plus d’une fois emportant dans sa bouche du pain ou de la viande, et se dirigeant en toute hâte vers le bois, et ils l’avaient bien reconnu pour être le chien de Déodié. Ils en informèrent le seigneur. Celui-ci en éprouva une grande joie et se dit :

— Ma fille ne doit pas être loin, puisque son petit chien, qui ne la quittait jamais, est dans le pays. Il résolut donc de guetter le chien, et le lendemain, de bonne heure, il alla se cacher derrière un buisson, sur la lisière du bois, à l’endroit par où on le voyait passer ordinairement. Il ne tarda pas à le voir venir, se dirigeant vers le château ; puis, au bout de quelque temps, il s’en retourna,