Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/130

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— On ne peut plus mauvaise, répondit une autre voix ; je n’ai trouvé qu’un vieil ivrogne crevé dans une douve, et je l’ai apporté se chauffer chez nous.

— Moi, dit un autre, j’ai fait mieux que ça : j’ai porté au grand feu, dans un même sac, un prêtre, une religieuse et le seigneur d’un château.

— Bah ! bah ! dit le troisième, tout cela n’est rien, camarades, auprès de ce que j’ai fait, moi.

— Qu’as-tu donc fait ? demandèrent les deux autres.

— Je vais vous le dire ; mais il faut que je voie auparavant s’il n’y a personne à nous écouter dans ce coffre sur lequel nous sommes assis.

Le pauvre Ollivier se crut perdu en entendant cela.

— Bah ! que veux-tu qu’il y ait là ? dirent les deux autres ; personne assurément, et tu peux parler sans crainte.

— Eh bien ! camarades, moi, j’ai pris possession de la fille du roi d’Angleterre, et je parle à présent par sa bouche.

— Ah ! la bonne affaire, si cela est vrai !

— C’est comme je vous le dis ; vous pouvez m’en croire, sur l’honneur.

— Dis-nous donc comment-tu t’y es pris.

— Voici : comme elle se rendait à la table