Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


bientôt un mendiant couvert de guenilles, appuyé sur un bâton et marchant péniblement. C’était son frère ; mais il ne le reconnut pas, et, s’adressant à lui :

— N’avez-vous pas vu, par ici, mon brave homme, un marchand avec deux chevaux chargés de marchandises ?

— Non, vraiment, répondit-il.

— C’est que voici un an et un jour que je quittai en cet endroit mon frère, en lui laissant deux chevaux chargés de marchandises, et nous nous étions donné rendez-vous pour aujourd’hui, au même lieu.

— Tu ne me reconnais donc pas ? Je suis ton frère ! répondit le pauvre.

Et Ollivier se jeta à son cou et l’embrassa en disant :

— Serait-il possible !... Tu n’es donc pas heureux, mon pauvre frère ?

— Non, répondit Robert, je n’ai pas eu de chance ; et toi ?

— Moi, je me suis bien tiré d’affaire, grâce à Dieu, puisque je suis aujourd’hui roi d’Angleterre.

— Roi d’Angleterre, toi !... Ce n’est pas possible ; tu te moques de moi !...

— Je ne me moque pas de toi, mon frère, et ce que je te dis est parfaitement vrai. Viens avec